Initiative Q, arnaque ou révolution?

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Initiative Q se présente comme un nouveau système de paiement. Mais il est à ce jour difficile de connaître les intentions cachées de ce projet…

Initiative Q se définit comme un “système de paiement” en devenir, une “future monnaie globale”. Bref, “Q” serait le prochain Bitcoin, voire la norme qui va le supplanter. Lancé par Saar Wilf, un entrepreneur israélien notamment célèbre pour avoir revendu sa startup Fraud Sciences à PayPal en 2008, le projet fait beaucoup parler de lui depuis quelques mois et soulève, surtout, de sérieux doutes. 

Un nom, une adresse, la richesse
Pour s’inscrire, gratuitement, sur le réseau, il suffit de spécifier son nom et son adresse e-mail. Plus l’adhésion est rapide, plus elle est lucrative. Un Q est en effet censé valoir un dollar et le nouveau membre peut espérer en toucher un paquet s’il respecte la procédure. Ainsi, s’il parraine cinq amis dans les temps impartis, il recevra quelques milliers d’unités de Q.

Sauf que…
Mais il y a un problème, et de taille: cette fructueuse récompense reste pour le moment exclusivement… théorique. Ou plutôt, elle compte sur une participation massive pour se concrétiser. Il faut donc faire confiance et un peu aveuglément vu le peu d’informations fournies.

1Q = 1$ (mais quand?)
Un journaliste de Mashable a fait le test. Une rapide inscription, des invitations et 16.117 Q glanés en quelques minutes. 16.117 unités d’une monnaie donc inexistante pour le moment mais qui vaudra peut-être l’équivalent en dollars un jour. Mais comment? Là réside le mystère. En revendant le carnet d’adresses collectées? Non, si l’on en croit l’entreprise qui a promis de respecter l’intégrité des données privées de ses clients.

Des milliards à partir de rien
Pour mener à bien le projet, deux mille milliards de Q doivent être créés. L’objectif final consiste à obtenir une reconnaissance de cette monnaie par l’adhésion généralisée pour aboutir à sa convertibilité en dollars: Initiative Q a donc l’intention de créer une somme colossale à partir de… rien, le tout dans un cadre pour le moins brumeux.

Pas de livre blanc
Alors que le créateur du Bitcoin, Satoshi Nakamoto, avait publié en 2008 un livre blanc qui clarifiait le protocole à respecter en détail, comme il est de tradition dans le secteur des crypto-actifs, Initiative Q n’explique rien, ou du moins pas assez pour dissiper le scepticisme ambiant qui l’entoure.

Des observateurs suspicieux
“Nous n’avons pas la preuve qu’Initiative Q est une arnaque, mais la combinaison de son besoin de recrutement rapide, l’imprécision du projet et les richesses qu’il fait miroiter sont autant de signes suspects”, se méfie Grégory Raymond du magazine Capital.

“Initiative Q, si on la réduit à ses caractéristiques essentielles, est une banque en ligne qui souhaite créer deux mille milliards de dollars pour enrichir son créateur par le biais d’un marketing agressif, tout en s’arrogeant des droits illimités sur les actifs de ses clients”, dénonce quant à lui sans détour le blog spécialisé Cryptoast.fr.

“Il faut atteindre une masse critique”
Le créateur, Saar Wilf, se défend lui de toute supercherie: “Il ne s’agit pas d’une quelconque combine douteuse pour devenir riche rapidement, et je pense que c’est de là que vient la confusion. Il faut atteindre une masse critique pour créer une monnaie, et c’est ce que nous essayons de faire”.

“Ça ne vaut pas une adresse e-mail?”
“L’échéancier d’Initiative ne prévoit rien, espère tout, et pourtant s’engage à utiliser les toutes dernières technologies pour faire émerger une nouvelle monnaie globale. La capacité de créer Bitcoin, mais en mieux: est-ce que ça ne vaut pas une adresse e-mail après tout?”, se demande le magazine Forbes.

Arnaque ou révolution, Initiative Q a déjà convaincu près de 3 millions d’utilisateurs et en attire chaque jour environ 100.000 de plus.

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